Henri Salvador est mort
Publié le 13 Février 2008
Le vétéran de la chanson française, Henri Salvador est mort mercredi à l’âge de 90 ans, à son domicile parisien d’une rupture d’anévrisme.
Né le 18 juillet 1917 à Cayenne (Guyane), Henri Salvador était le fils d’un percepteur d’ascendance espagnole et d’une mère guadeloupéenne d’origine indienne, installés à Paris en 1924. A l’âge de 11 ans, il découvre Armstrong et Duke Ellington, c’est son premier choc musical.
Henri Salvador avait composé et interprété d’innombrables succès populaires tels que « Syracuse », « Une chanson douce », « Zorro est arrivé », « Le lion est mort ce soir », « Faut rigoler », « Juanita Banana », « Le Travail, c’est la santé ».
Il avait fait ses adieux à la scène au Palais des Congrès à Paris, en décembre 2007.
Formé à l’école des grands musiciens noirs américains et de Django Reinhardt, ce guitariste accompli était un artiste multiple : « J’ai fait du jazz, des sketches, des chansons drôles, des comptines, du music-hall, de la télévision », aimait-il répéter.
Avec Boris Vian, il avait introduit le rock en France et composé quelques perles dont « Rock and roll mops » et « Blouse du dentiste ».
Engagé en 1935 par Django Reinhardt, il part en tournée en 1938 en Amérique latine avec Ray Ventura, et sera une vedette au Brésil.
Après la guerre, il monte son propre orchestre, publie son premier disque, « Maladie d’amour » en 1947 et obtient un double grand prix de l’Académie Charles Cros.
Dans les années cinquante, Henri Salvador commence une carrière de fantaisiste à l’A.B.C, temple du music-hall parisien. Il donne des récitals à guichets fermés, salle Pleyel, au théâtre Daunou, à l’Alhambra, et multiplie les tournées à l’étranger dont en Italie et aux Etats-Unis.
A partir de 1961, le chanteur offre à la télévision de grands shows inimitables, « Salves d’Or », « Dimanche Salvador ». Il devient aussi l’idole des enfants avec notamment « Les Aristochats ». Entre-temps, il fonde en 1962 avec sa femme Jacqueline sa maison de disques, puis deux ans plus tard sa marque « Rigolo ».
Inépuisable, le chanteur au rire tonitruant publie jusqu’à la fin plusieurs albums « Monsieur Henri » en 1994, « Chambre avec vue » en 2000 et « Révérence » en 2006, et se produit encore sur scène.
En 2001, Henri Salvador avait épousé en deuxième noce la productrice de télévision Catherine Costa.
Il avait publié son autobiographie en 1994 « Toute ma vie », qu’il résumait d’une phrase : « Rigoler, c’est aussi un métier ».