Chronique publiée le 01 Juin 2006
Par Guillaume Lacombe
One + one est une oeuvre qui marque un tournant dans la carrière de Godard. D’une, il aborde pour la première fois l’univers de la musique comme une entité à part entière, et plus seulement comme un complément à ses films. De deux, le documentaire nous le présente plus engagé que jamais sur la scène politique. Deux axes complémentaires servent de fil conducteur. Le premier nous montre le processus créatif d’une chanson des Rolling Stones, Sympathy for the devil. Sur la base d’une simple ballade folk, le groupe tâtonne et avance pas à pas vers l’aboutissement de ce qui est encore aujourd’hui une de leurs compositions les plus provocantes. Mais ce point de vue n’est en fait qu’un prétexte pour le cinéaste, et un moyen idéal pour faire le parallèle avec la situation de l’époque (nous sommes alors en mai 68). Cela lui permet par exemple de mettre en avant l’émergence des mouvements contestataires, incarnés par les Black Panthers notamment. Même si le tout manque parfois de rythme, on ne peut qu’être absorbé par la tension qui entoure le film, et voir les Stones de l’intérieur ne se refuse pas.
* Publié avec l'aimable autorisation de
Nouvelle Vague