Chronique publiée le 15 Juillet 2008
Par Daniel Chauvet
À la grande époque de la “ Grande Parade du Jazz ”, le jeune guitariste Stanley Jordan avait enthousiasmé le public des arènes par sa technique révolutionnaire en solo (et sans aucun artifice électronique). L’on croyait entendre un duo de guitares... Deux vinyls avaient suivi, puis plus rien. L’oubli médiatique... Ce DVD enregistré en juillet dernier au New Morning arrive donc à point. En solo encore, ou en compagnie du batteur David Haynes et du fantastique contrebassiste Charnett Moffett, il parcourt un répertoire très éclectique (Coltrane, Miles, Silver, Parker, Bach, Mozart, McCartney...), toujours en “ double taping ”. Pour faire court, il utilise une guitare six cordes (accordées en quartes E-A-D-G-C-F) à la manière d’un clavier de piano. Les doigts de la main gauche frappent accords, basses et arpèges, et ceux de la droite, les mélodies. Certes, le son se rapproche de celui de la mandoline, mais ce prodigieux tour de force lui permet aussi de jouer en même temps de la guitare et du piano... Ce n’est plus un trio, mais un quartet voire un quintet. En plus, ça swingue d’enfer. Ahurissant !
* Publié avec l'aimable autorisation de
Nouvelle Vague