Chronique publiée le 08 Octobre 2007
Par Christophe Meade
Il y a quelques semaines, nous avions découvert Benoît Dorémus avec la vidéo de « J’apprends le métier ». Depuis, tous les matins à la rédac nous nous mettons en route avec une formule éprouvée « Dorémus + caféine = patate pour la journée ». C’est ainsi qu’en ce jour béni du 31 août arrive dans la boîte aux lettres le CD promo de celui que nous vénérons déjà. Mais, c’est là que les problèmes commencent. Qui va bien pouvoir chroniquer le disque ? De suite, les arguments fusent tels « C’est moi le meilleur, c’est moi qui doit l’avoir » ou encore « J’ai chroniqué Marianne James, tu me dois bien ça » ! S’enchaînent alors, concours de bras de fer et autres jeux plus ou moins virils. Histoire de calmer tout le monde, je lance alors avec un rictus malicieux « C’est moi le boss, c’est donc à moi qu’il revient ». Oh je sais, c’est pas joli joli mais c’est ainsi que j’ai gagné le précieux sésame … et perdu mes amis !
Mais cette bataille fratricide en valait-elle vraiment la peine ?
Me retrouvant tout seul dans mon coin avec pour seuls amis mon clavier et mon écran d’ordinateur, je décide alors de me faire pardonner et de partager avec mes (ex-)amis la primeur de ce nouvel opus et j’offre de surcroît une tournée de caféine à tout le monde.
Dès la première écoute, il est clair qu’avec Renaud comme producteur et principale influence, Benoît Dorémus emprunte quelque peu son style au chanteur au foulard. La filiation entre les deux artistes est plus qu’évidente. N’y voyez pas là une critique, mais plutôt un compliment qui, dans ma bouche, vaut de l’or. Ayant été, depuis mon plus jeune age, bercé aux mots et aux colères du chanteur énervé, ce n’est certainement pas moi qui vais me plaindre que quelqu’un puisse (enfin) tenir la dragée haute au magicien des mots. Mais restreindre le talent de cet écorché vif à la seule parenté de Renaud serait une regrettable erreur.
Le garçon a du talent et de la poésie au bout de sa plume, c’est une évidence. Les maux voguent au fil des mots dans un enchevêtrement de rimes plus enivrantes les unes que les autres. Son écriture est brute, efficace et subtile. Il écrit par nécessité ; un peu comme si toute sa vie en dépendait, comme si ses mots et ses rimes étaient une nourriture essentielle à sa survie.
Ecouter Dorémus, c’est une expérience douloureuse dont on est certain de ne pas sortir indemne. Et pourtant, on y revient encore et toujours tel une insidieuse addiction totalement incurable. Mais que la douleur est belle quand elle est si bien écrite et que les mots sont beaux quand ils sont si bien dits ! Sournoisement, « Jeunesse se passe » m’a renvoyé à mes douleurs, mes souvenirs, mon enfance et finalement mes petites joies et grands bonheurs. Benoît Dorémus m’a touché au plus profond pour finalement me galvaniser. C’est peut être cela le but ultime de la musique.
Et si après tout ça vous n’avez pas compris qu’on a adoré … je ne peux plus rien pour vous !
Tracklist de « Jeunesse se passe »
- 1 - J’écris faux, je chante de la main gauche
- 2 - Je m’en rappelle pas
- 3 - J’apprends le métier
- 4 - Rien à te mettre
- 5 - L’enfer
- 6 - 17 ans
- 7 - Pas à me plaindre
- 8 - Deux dans mon égotrip
- 9 - Beaupadre
- 10 - Un poison
- 11 - Un arracheur de sacs
- 12 - Les bulles de Paris