Chronique publiée le 27 Novembre 2007
Par Matthieu Bescond
Après In a man’s womb, un premier album passé inaperçu ou presque, Yael Naim entre dans le doute et la désillusion, déboussolée, en quête de repères. Tiraillée entre une formation classique au piano et son goût pour le jazz, le folk et la pop, l’artiste peine à développer une véritable orientation artistique. Mais elle ne baisse pas pour autant les bras, et au hasard d’une scène, elle finie par tomber sur sa boussole en la personne de David Donatien. Catalyseur créatif, le percussionniste antillais et arrangeur aux multiples collaborations met en lumière les directions à prendre, dégage et balise un chemin artistique à l’état de sentier encombré, difficile d’accès. Un travail commun qui débouche sur une clairière florissante jonchée de pétales sonores, havre de paix bourgeonnant matérialisé par ce disque, ces treize morceaux si délicats qu’on hésite presque à s’en imprégner, à en fouler le socle impalpable. Mais une fois entré dans l’univers, le voyage est immédiat, on s’allonge, les yeux fermés, une pluie d’image tombent à verse, bercée par une voix à la pureté frissonnante de limpidité, d’expressions, de ressentis. On se prend à rêver de tout et de rien, on se laisse aller, décontracté, pris par un ornement sonore minimaliste dominé par les vibrations du piano et du violoncelle. Et quand vient la dernière note, on rouvre les yeux, la tête aérée. La balade est terminée, mais le havre de paix est toujours là, marqué en nous pour un moment, influant sur notre environnement, celui qui réel et palpable : notre clairière à nous.
* Publié avec l'aimable autorisation de
Nouvelle Vague
Tracklist de « Yael Naim »
- 1 - Paris
- 2 - Too long
- 3 - New soul
- 4 - Levater
- 5 - Shelcha
- 6 - Lonely
- 7 - Far far
- 8 - Yashanti
- 9 - 7 baboker
- 10 - Lachlom
- 11 - Toxic
- 12 - Pachad
- 13 - Endless song of happiness