AlexonorLes petits matins des grands soir
Chronique publiée le 04 Août 2008
Par Géry Brusselmans
« J’veux du soleil ! » entonnait Mano Solo dans sa chanson éponyme. Une revendication que le chanteur belge Alexonor a suivi pratiquement à la lettre dans son deuxième album « les petits matin des grands soirs ». Pas un soleil des tropiques, mais plutôt d’une verte campagne de chez nous, fraîche et traditionnelle, déclinée en quatorze titres acoustiques chantés en français. Une ballade aux intonations « souchonniennes » dans « Vendredi matin », aux relents de Thomas Dutronc dans « Le train de l’amour » et d’un zeste de Michel Jonasz dans « La fondation ». La verte campagne de l’artiste bruxellois n’est pas loin non plus d’Yves Duteuil, de Georges Brassens ou de Michel Fugain... On y croise même « Madeleine », reprise inattendue de Jacques Brel.
De nombreuses références, modernes et traditionnelles, pour un artiste qui n’hésite pas à utiliser le principe du name dropping et un phrasé rythmé sur des ambiances lorgnant vers le manouche (« Le train de l’amour ») ou le ska-reggae (« Marianne »). Petits bémols à noter tout de même du côté des textes parfois simplistes (grâce auquel l’artiste « apporte les petites réponses aux grandes questions ») et d’une voix pas encore à l’égal de chanteurs renommés. Alexonor n’en a pas moins fait de belles dates : une victoire au concours Franc’off de Spa en 2003, le prix coup de coeur Charles Cros (2005) et une récente première partie de Michel Fugain aux Francofolies de Spa ! Alexonor s’installe ainsi confortablement dans la catégorie des auteurs-compositeurs peu connus, dont la route à travers les café-concerts et les scènes des festivals devrait faire encore quelques heureux.