Chronique publiée le 26 Octobre 2008
Par Matthieu Bescond
Il y a des voies plus difficiles que d’autres à emprunter, des destins parfois compliqués à entrevoir, des aptitudes qu’on peine à débusquer. Et puis il y a des « voix » presque toutes tracées à l’image de celle de Mélissa Laveaux ; une voix qui sonne comme l’évidence même tant le talent est criant. Mélissa devait chanter, c’était écrit. À la croisée de la soul, du folk et du blues, son univers minimaliste (guitare acoustique/basse, batterie et percussions discrètes) se veut subtilement arrangé. Chaque instrument trouve sa place, sans trop en faire, sans trop se mettre en retrait, laissant juste le bon espace à l’essentiel, à l’essence de ce miel, sucré et délectable, à cette voix profonde et suave. Le timbre chaud, doucement écorché, renforce le sens et la force aux mots, donne davantage de profondeur à des textes déclamés aussi bien en anglais, en créole qu’en français. On est conquis, subjugué par cette fraîcheur innée, bercé par un univers empli de légèreté qui déclenchera immanquablement quelques claquements de doigts et autres battements de pieds cadencés. Du haut de ses 23 ans, la jeune canadienne d’origine haïtienne signe un premier album à succès qui la propulse d’emblée et sans la moindre hésitation comme la révélation soul/folk du moment.
* Publié avec l'aimable autorisation de
Nouvelle Vague